Le cinéma marocain a été à l’honneur en Espagne avec la projection du long métrage “Calle Málaga”, réalisé par Maryam Touzani, lors de la soirée d’ouverture de la 29ᵉ édition du Festival du cinéma en espagnol de Málaga, organisée du 6 au 15 mars dans la ville andalouse.
La cérémonie inaugurale s’est tenue au Théâtre Cervantes de Málaga en présence de nombreuses personnalités du monde culturel et institutionnel, notamment le ministre espagnol de la Culture, le maire de Málaga, l’ambassadrice du Maroc en Espagne, ainsi que plusieurs acteurs du secteur du cinéma et des médias.
Présentant son œuvre devant le public du festival, Maryam Touzani a expliqué que ce film, mêlant comédie et drame, explore les contradictions et les émotions qui traversent la vie humaine. Selon la réalisatrice, l’histoire s’inscrit dans cette frontière fragile où se mêlent rire et mélancolie.
La cinéaste a confié que l’écriture du scénario a été profondément marquée par une expérience personnelle. La disparition de sa mère a nourri l’inspiration du film et l’a conduite à revisiter ses souvenirs familiaux, notamment ceux liés à sa grand-mère Juana et à son enfance dans la ville de Tanger, où se trouve la rue qui donne son titre au film.
Dans “Calle Málaga”, la réalisatrice met en avant l’identité cosmopolite de Tanger, ville marquée historiquement par la coexistence de différentes cultures et religions. Maryam Touzani voit dans cette diversité une richesse précieuse, particulièrement dans un contexte mondial marqué par les tensions et les divisions.
La rue évoquée dans le film devient ainsi un symbole de cette mémoire partagée, où les identités marocaine et espagnole se croisent dans un espace de tolérance et de dialogue.
Avec “Calle Málaga”, Maryam Touzani signe son premier film tourné en langue espagnole, tout en poursuivant l’exploration de thèmes qui traversent déjà ses œuvres précédentes : la mémoire, l’appartenance et les relations humaines.
Le film raconte l’histoire de María Ángeles, une Espagnole de 79 ans vivant à Tanger et profondément attachée à sa maison, témoin de décennies de coexistence culturelle. Son quotidien est bouleversé par l’arrivée de sa fille venue de Madrid, déterminée à vendre l’appartement familial, déclenchant un conflit entre souvenirs du passé et réalités du présent.
Choisi pour représenter le Maroc aux Oscars, le film poursuit un parcours international déjà marqué par plusieurs sélections prestigieuses, notamment à la Mostra de Venise, au Festival international du film de Toronto et au Festival international du film de Mar del Plata.
Ce troisième long métrage confirme la place croissante de Maryam Touzani sur la scène cinématographique mondiale. La réalisatrice s’était déjà illustrée avec “Adam”, présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes, puis avec “Le Bleu du caftan”, sélectionné à Cannes et au Festival international du film de Marrakech, et inscrit sur la shortlist des Oscars.
Avec “Calle Málaga”, la cinéaste poursuit une œuvre marquée par une sensibilité particulière aux récits intimes et aux histoires de transmission, tout en renforçant la visibilité du cinéma marocain sur les scènes internationales.
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